Libreville s’apprête à vivre une semaine hors du commun. Lors d’une conférence de presse, le représentant du ministre en charge du Numérique, ce dernier étant empêché, a présenté les grandes lignes de cette Semaine du numérique, placée sous le patronage du chef de l’État. Les premières délégations étrangères sont déjà arrivées dans la capitale.
Un lancement en grande pompe : 5G, stratégie nationale et village du numérique
La journée d’ouverture, le lundi 26 octobre, commencera par l’accueil des invités et le lancement officiel de la semaine. Elle se poursuivra avec un séminaire gouvernemental sur la vision et la stratégie nationale de digitalisation, puis la présentation du programme Gabon Digital. La 5G sera ensuite lancée officiellement en phase pilote avec les deux opérateurs, Gabon Télécom et Airtel Gabon. Un temps fort sera également consacré aux participations de l’État.
Le Palais des congrès deviendra un « village du numérique » où startups, entreprises et acteurs de l’écosystème présenteront leur savoir-faire. Des pays amis viendront aussi y exposer leurs jeunes pousses. Les panels de haut niveau débuteront le mardi 27 octobre.
Une mobilisation continentale et internationale
L’événement dépasse largement les frontières nationales. Le Gabon accueille le Comité technique spécialisé (CTS) de l’Union africaine, qui réunit les ministres africains du numérique et des télécommunications, dont les pays sont également membres de l’Union internationale des télécommunications (UIT). Une quinzaine de pays africains seront représentés, avec des journalistes dans leurs délégations. Le segment ministériel de haut niveau se tiendra le jeudi 29 octobre.
L’enjeu est stratégique. Ces échanges doivent préparer la position commune africaine en vue de la Conférence de plénipotentiaires de l’UIT, prévue en novembre à Doha, au Qatar. Le Gabon y présente sa candidature à un poste de direction de l’organisation. Satellites, gestion des données, réseaux sociaux, économie numérique : les ministres entendent parler d’une seule voix. La semaine se clôturera le vendredi 30 octobre par l’adoption de la Déclaration de Libreville.
Le volet académique et scientifique n’est pas en reste. L’Université du Massachusetts (États-Unis) prendra part à des conférences et à des panels. La GSMA (Global System for Mobile Communications Association) présentera de son côté les résultats de son étude sur les télécommunications au Gabon, réalisée sur le terrain.
La jeunesse, cible numéro un
« La jeunesse est l’une des cibles principales », a insisté le porte-parole. Le village du numérique lui réserve une salle dédiée à l’acculturation digitale, où les jeunes pourront se familiariser avec les outils numériques existants. Des stands et des activités sont réservés aux plus jeunes, aux étudiants et aux enseignants-chercheurs. Écoles et universités sont attendues en nombre.
L’événement est ouvert à tous : un site internet permet de s’inscrire gratuitement et d’obtenir une invitation. Les Gabonais qui ne pourront pas se déplacer pourront suivre l’événement à distance grâce à un dispositif technique prévu à cet effet. Certains intervenants internationaux participeront d’ailleurs en direct depuis l’étranger.
Une première édition, une ambition durable
Les organisateurs le répètent : il s’agit d’une première édition, et d’autres suivront. Ils veulent faire de ce rendez-vous un événement incontournable du numérique en Afrique. Interrogé sur les inquiétudes liées à la connectivité, le porte-parole a assuré que « toutes les dispositions seront prises » pour garantir le bon déroulement de la semaine.
Pendant cinq jours, le Gabon a rendez-vous avec son avenir. D’un côté, des ministres africains qui négocient une voix commune ; de l’autre, des jeunes qui découvrent les outils de demain dans les allées du village du numérique. La promesse est la même : celle d’un pays qui ne veut plus regarder passer la révolution numérique, mais la conduire. « Il y en aura pour tout le monde, même pour la presse », a lancé le directeur de cabinet du ministre. À chacun, désormais, de saisir l’invitation.




