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Presse judiciaire gabonaise : Gaël Boubouagno Lenga plaide pour une information qui éclaire sans condamner

Garde à vue confondue avec la détention préventive, procureur assimilé au juge : ces approximations nuisent à la compréhension de la justice. Installé à la tête de l’Association de la presse judiciaire gabonaise lors de l’assemblée générale constitutive, Gaël Boubouagno Lenga a appelé ses confrères à faire de la spécialisation un levier de rigueur, d’éthique et de crédibilité.

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Gaël Boubouagno Lenga, Président de l'association de la presse judiciaire Gabonaise
Gaël Boubouagno Lenga, Président de l'association de la presse judiciaire Gabonaise © Salem media

C’est un discours de principes que Gaël Boubouagno Lenga a adressé à ses « chers confrères et chères consœurs », à l’issue de son installation lors de l’assemblée générale constitutive de l’association. Il l’a placé dans le contexte de l’avènement de la Ve République et a résumé la démarche en trois mots : « spécialisation, compréhension et responsabilité ». C’est, a-t-il expliqué, un choix que les journalistes présents ont fait ensemble.

Une association de journalistes spécialisés

L’association rassemble des journalistes qui ont choisi de se spécialiser dans l’actualité judiciaire et juridique, ainsi que des chroniqueurs judiciaires. Elle veut contribuer à une information plus rigoureuse, plus précise, plus accessible et mieux comprise des citoyens. Pour son président, informer sur la justice ne se limite pas à rapporter des faits. Il faut aussi les comprendre, les vérifier, les expliquer et les replacer dans leur contexte juridique.

Contre les confusions qui induisent le public en erreur

Le nouveau président a relevé des erreurs récurrentes dans le traitement médiatique de la justice. La garde à vue est trop souvent confondue avec la détention préventive, et le mandat de dépôt avec le mandat d’arrêt ou le mandat d’amener. Le procureur est parfois assimilé au juge, alors que ces deux acteurs exercent des missions distinctes. Selon lui, ces amalgames peuvent fausser la compréhension des procédures et nuire à la crédibilité de la profession. Il appelle donc à faire de la spécialisation « un véritable levier de qualité, de crédibilité et de professionnalisme ».

« Informer et non condamner »

L’éthique a occupé une place centrale dans son discours. En matière judiciaire, a-t-il rappelé, chaque mot compte, chaque information doit être vérifiée et chaque publication doit être mesurée. Il a plaidé pour le respect de la présomption d’innocence et du secret de l’instruction. Il a aussi mis en garde contre la tentation du jugement médiatique, qui consiste à désigner des coupables avant que les juridictions ne se soient prononcées. Une presse judiciaire responsable, a-t-il résumé, ne condamne pas à la place des magistrats : elle vérifie, recueille, explique et donne aux citoyens les clés pour comprendre la justice.

Formation, dialogue et protection des sources

Pour accompagner la spécialisation de ses membres, l’association fera de la formation une priorité. Elle organisera des séminaires, des ateliers et des rencontres professionnelles avec des juristes, des magistrats, des avocats et d’autres acteurs du système judiciaire.

Elle entend aussi construire avec l’institution judiciaire des relations fondées sur le respect mutuel et le dialogue, sans que ce rapprochement remette en cause l’indépendance de la presse. Elle défendra enfin la protection des sources journalistiques, « principe essentiel » à l’exercice libre et responsable du métier.

Une exigence, pas un privilège

« La spécialisation n’est ni une fermeture ni un privilège réservé à quelques-uns », a insisté Gaël Boubouagno Lenga. Pour lui, c’est une exigence de compétence, de rigueur et de responsabilité. Il veut que l’association soit bien plus qu’un regroupement : un cadre de formation, de solidarité professionnelle, de partage d’expériences et d’exigence éthique, capable de défendre les intérêts légitimes de ses membres. Selon lui, l’enjeu dépasse la profession : quand le public comprend mieux la justice, il fait davantage confiance aux institutions, ce qui consolide l’État de droit au Gabon.

« Faisons de la compétence notre exigence, de l’éthique notre boussole et de la solidarité notre force. » C’est sur ces mots que Gaël Boubouagno Lenga a conclu son discours d’installation et fixé le cap. Il revient désormais à la nouvelle association de le tenir, dossier après dossier, pour qu’une justice mieux comprise regagne la confiance du public.

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