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Midterms 2026 : l’Amérique face au miroir de Trump

Le 3 novembre, Donald Trump ne figurera sur aucun bulletin de vote. Il sera pourtant sur toutes les lèvres. À douze jours des élections de mi-mandat, les sondages annoncent une soirée difficile pour le camp républicain, mais le Sénat pourrait offrir au président un dernier rempart.

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Le Capitole, à Washington. Le 3 novembre, les 435 sièges de la Chambre et 35 sièges du Sénat seront remis en jeu.
Le Capitole, à Washington. Le 3 novembre, les 435 sièges de la Chambre et 35 sièges du Sénat seront remis en jeu. © Salem media

Washington, Ohio, Texas, Maine : partout, la même question revient. Deux ans après son retour à la Maison Blanche, les Américains vont-ils sanctionner Donald Trump ? Ou le milliardaire va-t-il, une fois encore, faire mentir les pronostics ?

L’histoire ne joue pas en sa faveur. Les « midterms » tournent presque toujours au référendum sur l’occupant de la Maison Blanche. Et le parti du président en exercice y perd des sièges dans l’immense majorité des cas : 20 fois sur 22 depuis près d’un siècle. Donald Trump le sait mieux que personne. En 2018, au milieu de son premier mandat, les républicains avaient perdu 41 sièges à la Chambre.

Un Congrès entier sur la table

L’enjeu est colossal. Près de 250 millions d’électeurs sont appelés aux urnes. Les 435 sièges de la Chambre des représentants sont renouvelés, ainsi que 35 des 100 sièges du Sénat. S’y ajoutent 36 postes de gouverneur et une foule de scrutins locaux, dont plusieurs référendums sur l’avortement.

Un détail historique ajoute au symbole : ce sont les premières élections de mi-mandat pendant un second mandat non consécutif depuis 1894. Les élus prendront leurs fonctions le 3 janvier 2027.

À la Chambre, les démocrates n’ont besoin de faire basculer qu’une poignée de circonscriptions pour reprendre la majorité. Au Sénat, il leur faut un gain net de quatre sièges.

Un président au plus bas dans les sondages

Les chiffres sont rudes pour la Maison Blanche. Un sondage CBS/YouGov réalisé début octobre ne crédite Donald Trump que de 39 % d’opinions favorables, contre 61 % de défavorables. Selon le Silver Bulletin de Nate Silver, sa cote nette s’établissait à -21,9 points le 5 octobre. À titre de comparaison, il plafonnait à -11 au même stade de son premier mandat.

Les modèles de prévision en tirent des conclusions nettes, mais pas unanimes. Début octobre, le Silver Bulletin donnait aux démocrates 92,7 % de chances de remporter la Chambre et 71,4 % de prendre le Sénat. Fin septembre, Decision Desk HQ se montrait plus prudent, avec 75 % pour la Chambre et 55 % pour le Sénat. Sur le marché de prédiction Polymarket, les parieurs accordent 87 % de chances aux démocrates à la Chambre, mais voient les républicains conserver le Sénat à 56 %.

Le consensus est donc clair pour la Chambre. Pour le Sénat, en revanche, tout reste possible.

Le Sénat, dernier rempart républicain

C’est là que se jouera la vraie soirée électorale. Le Texas, l’Ohio, l’Iowa et le Maine sont au coude-à-coude. Même au Kansas, terre républicaine, le candidat démocrate est à moins d’un demi-point dans les sondages.

Les républicains gardent pourtant un atout de taille : la géographie. Plusieurs candidats démocrates se présentent dans des États remportés par Donald Trump en 2024. Conquérir quatre sièges sur ce terrain hostile reste un défi.

L’Ohio résume à lui seul l’intensité du combat. Dans cet État industriel largement acquis à Trump en 2024, près de 750 millions de dollars devraient être dépensés pour le siège de sénateur et le poste de gouverneur.

Le portefeuille avant tout

Sur le terrain, un sujet domine : le coût de la vie. C’est la première préoccupation des électeurs, selon les économistes de Desjardins. Les répercussions économiques du conflit avec l’Iran pèsent aussi sur le moral des ménages. Plus inattendu, l’implantation des centres de données et l’essor de l’intelligence artificielle s’invitent dans la campagne.

Les démocrates en font un vote sanction. Leur chef à la Chambre, Hakeem Jeffries, a promis de « faire rendre des comptes aux escrocs ». Il n’a pas exclu une nouvelle procédure d’impeachment contre le président.

Les républicains, eux, comptent sur une carte sénatoriale favorable et sur la capacité de Donald Trump à mobiliser sa base. Ils présentent le scrutin comme un choix entre la poursuite de son programme économique et commercial et deux ans de blocage à Washington. Et Donald Trump a déjà, par le passé, fait mentir les sondages.

Une certitude : ce sera une campagne record. Selon l’agence AdImpact, quelque 11,6 milliards de dollars devraient être dépensés en publicité politique.

Et après le 3 novembre ?

Deux scénarios dominent. Si les démocrates prennent la Chambre mais pas le Sénat, le programme intérieur de Donald Trump deviendra bien plus difficile à faire voter. Une procédure d’impeachment deviendrait possible, mais une destitution exigerait les deux tiers du Sénat, un scénario très improbable.

S’ils remportent les deux chambres, l’opposition gagnerait des leviers supplémentaires, notamment sur les nominations. Dans les deux cas, beaucoup d’économistes anticipent une forme de paralysie de la politique économique jusqu’en 2028.

Une victoire républicaine dans les deux chambres, démentant tous les modèles, laisserait au contraire le champ libre au président pour la fin de son mandat.

Le 3 novembre ne décidera pas de la présidentielle de 2028. Mais il dira si l’Amérique donne encore carte blanche à Donald Trump, ou si elle lui tend un miroir.

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