Au Gabon, l'accès régulier à l'eau potable et à l'électricité demeure l'une des préoccupations majeures des populations. Dans plusieurs quartiers de Libreville et dans d'autres localités du pays, les perturbations de service compliquent la vie quotidienne des ménages et le fonctionnement des activités économiques.
Pour les familles, les coupures d'électricité peuvent entraîner des pertes de denrées alimentaires, tandis que les difficultés d'accès à l'eau imposent des contraintes supplémentaires d'approvisionnement et de stockage.
Pour les petites entreprises, les conséquences peuvent être tout aussi importantes : interruption de la production, dégradation des équipements, dépenses supplémentaires en carburant et baisse de productivité.
Dans ce contexte, la question énergétique dépasse largement le cadre technique. Elle constitue désormais un enjeu de développement économique, de justice sociale et de confiance envers les services publics.
Olivier Mouckocko annonce des résultats sous trois à quatre mois
Invité de l'émission 26 EN PLUS sur Gabon 24, le 19 octobre 2026, le nouveau ministre de l'Accès universel à l'eau et à l'énergie, Olivier Mouckocko, a présenté ses premières orientations pour répondre aux difficultés du secteur.
Selon les informations rapportées par L'Union le 21 octobre, le ministre prévoit des améliorations perceptibles dans un délai de trois à quatre mois, grâce notamment à la construction de centrales et à l'augmentation progressive des capacités de production.
Parmi les principaux projets évoqués figure le barrage hydroélectrique de Kinguélé-Aval, d'une capacité annoncée de 35 mégawatts et dont les travaux seraient achevés à 95 %. À Port-Gentil, le gouvernement mise également sur des turbines bicombustibles pour renforcer l'offre énergétique.
Ces annonces constituent des perspectives importantes, mais leur concrétisation dépendra de la mise en service effective des équipements et de la capacité des réseaux à acheminer l'électricité jusqu'aux consommateurs.
La réforme de la SEEG au cœur de la transformation
La Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) occupe une place centrale dans les réformes envisagées.
Lors du Conseil des ministres du 15 octobre 2026, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé l'accélération du processus de séparation des activités de la SEEG, ainsi qu'une meilleure spécialisation des acteurs intervenant dans la production, le transport, la distribution et la commercialisation.
Cette réorganisation vise à améliorer l'efficacité du secteur et à clarifier les responsabilités opérationnelles.
Mais une réforme institutionnelle ne suffira pas, à elle seule, à garantir la continuité du service. Elle devra s'accompagner d'investissements, d'une maintenance régulière des infrastructures et d'une gouvernance financière rigoureuse.
Une dette qui complique les ambitions
Les difficultés du secteur sont également financières.
La dette énergétique est évaluée à près de 150 milliards de FCFA, selon les informations publiées dans la presse gabonaise. Cette situation souligne l'ampleur des contraintes pesant sur les capacités d'investissement et de modernisation.
La question est donc double : comment financer les infrastructures nécessaires tout en garantissant des services accessibles aux populations ?
Une amélioration durable suppose notamment de renforcer le recouvrement des recettes, de réduire les pertes techniques et commerciales, de mieux maîtriser les dépenses et de sécuriser les investissements.
Les ménages et les entreprises attendent des résultats
Pour les Gabonais, le véritable indicateur de réussite ne sera pas uniquement le nombre de centrales construites ou les montants investis.
Il sera surtout mesuré à travers des changements concrets : moins de coupures, une pression d'eau suffisante, des interventions techniques plus rapides et une meilleure prévisibilité du service.
Les entreprises, de leur côté, attendent une alimentation énergétique suffisamment fiable pour soutenir leurs activités, réduire leurs charges d'exploitation et favoriser de nouveaux investissements.
Le défi consiste donc à transformer les annonces gouvernementales en améliorations visibles et mesurables.
2027, une année décisive pour les services essentiels ?
Le calendrier annoncé par le ministre place les premiers mois de 2027 comme une période importante pour évaluer les progrès accomplis.
Plusieurs indicateurs permettront d'apprécier les résultats : la fréquence et la durée des interruptions, la capacité de production effectivement disponible, le nombre de ménages bénéficiant d'un service amélioré et la qualité de la distribution d'eau potable.
La publication régulière de ces données contribuerait à renforcer la transparence et à permettre aux citoyens de suivre l'évolution des engagements.
L'analyse de Salem Média
La crise de l'eau et de l'électricité révèle une réalité fondamentale : le développement économique ne peut être durable sans infrastructures essentielles fiables.
Les réformes engagées et les investissements annoncés constituent des réponses aux difficultés identifiées. Leur efficacité devra toutefois être appréciée à partir de résultats vérifiables, et non des seules prévisions.
Pour le Gabon, l'enjeu n'est plus simplement de produire davantage d'eau et d'électricité, mais de garantir à chaque citoyen et à chaque entreprise un accès régulier, équitable et durable à ces services.
C'est à cette condition que les réformes pourront se traduire en progrès économiques et sociaux tangibles.
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