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Crise du carburant au Gabon : Edmiaune Zouga plaide pour des réformes

Après les récentes perturbations de l’approvisionnement en carburant, la présidente du Mouvement d’Éthique et Gouvernance analyse les failles de la filière pétrolière et appelle à des réformes structurelles.

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Edmiaune ZOUGA, présidente du Mouvement d’Éthique et Gouvernance (MEG)
Edmiaune ZOUGA, présidente du Mouvement d’Éthique et Gouvernance (MEG) © Salem media

Les récentes perturbations dans l’approvisionnement en carburant ont relancé le débat sur la gouvernance de la filière pétrolière au Gabon. Dans cette édition de la rubrique Regards croisés sur la société civile (RCSC), Edmiaune ZOUGA, présidente du Mouvement d’Éthique et Gouvernance (MEG), revient sur les causes de cette crise et préconise des réformes axées sur la transparence, le stockage, le raffinage et la sécurisation des approvisionnements.

SALEM MEDIA : Madame la Présidente, le Gabon a récemment connu une crise d’approvisionnement en carburant. Comment l’avez-vous vécue ?

EDMIAUNE ZOUGA : Comme tout citoyen gabonais. Cette crise nous a tous touchés, car nos déplacements, que ce soit en transport en commun ou par nos propres moyens, dépendent du carburant. Au sein du Mouvement d’Éthique et Gouvernance, nous avons choisi d’aller au-delà des réactions qu’elle a suscitées dans la population pour l’analyser sous l’angle de la gouvernance.

SALEM MEDIA : Comment un pays producteur de pétrole comme le Gabon peut-il connaître une telle pénurie ?

EDMIAUNE ZOUGA : Il faut distinguer la capacité à produire du pétrole brut de la capacité à le transformer et à acheminer les produits pétroliers jusqu’aux consommateurs. Être producteur ne garantit pas de disposer de capacités suffisantes de raffinage, de stockage et de distribution. C’est à chacune de ces étapes que se posent les questions de gouvernance et de gestion. Pour comprendre les causes réelles de la pénurie, il faut donc examiner chaque maillon de la chaîne.

SALEM MEDIA : Quelles mesures concrètes le gouvernement devrait-il prendre pour prévenir une nouvelle pénurie ?

EDMIAUNE ZOUGA : Il faut sécuriser les stocks, diversifier les fournisseurs, faire l’état des lieux de l’endettement de la filière et veiller au respect des obligations contractuelles, tout en renforçant la veille citoyenne. La chaîne qui va du pétrole brut à la pompe réunit plusieurs acteurs. Il suffit qu’un seul maillon rencontre des difficultés de paiement pour que tout le circuit soit perturbé. C’est pourquoi il est nécessaire d’examiner les contrats, les échéances et les engagements de chaque intervenant afin de prévenir les blocages.

SALEM MEDIA : Quel rôle la société civile peut-elle jouer dans l’amélioration de la gouvernance de la filière pétrolière ?

EDMIAUNE ZOUGA : La société civile peut y contribuer par la veille citoyenne, par ses propositions et par le suivi des politiques publiques. Elle doit être associée à la réflexion sur les réformes nécessaires, notamment en matière de transparence, de lisibilité et de redevabilité. Sa contribution permet de mettre en lumière les insuffisances et de proposer des solutions durables.

SALEM MEDIA : Quel message adressez-vous aux autorités pour que le Gabon ne revive pas une telle situation ?

EDMIAUNE ZOUGA : Nous leur demandons de tirer les leçons de cette crise et de renforcer les principes de bonne gouvernance. Il faut accroître la transparence, consolider notre outil de raffinage, augmenter les capacités de stockage et améliorer la gestion des approvisionnements. Le Mouvement d’Éthique et Gouvernance a élaboré des propositions articulées autour de mesures d’urgence, à mettre en œuvre dans un délai d’un mois à un an, et de réformes à moyen et long terme. L’objectif est de mieux anticiper les risques et de faire en sorte que les capacités nationales répondent pleinement aux besoins de la population. Gouverner, c’est prévoir.

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