Une opération de lutte contre l'orpaillage clandestin a abouti, les lundi 28 et mardi 29 septembre 2026, à l'interpellation de 19 ressortissants étrangers dans le parc national de Minkébé, dans la province de l'Ogooué-Ivindo. Huit personnes ont été arrêtées le premier jour, onze le second.
Une opération conjointe agents des parcs et gendarmerie
L'opération a été conduite par les agents du parc avec l'appui de la compagnie Est de la gendarmerie des parcs nationaux. Parmi les personnes interpellées figurent onze Camerounais, trois Tchadiens, deux Congolais, deux Nigérians et un Ivoirien. Seize d'entre elles étaient dépourvues de titre de séjour ; trois ont été surprises en flagrant délit d'exploitation illégale d'or et de pénétration interdite dans l'aire protégée. Elles doivent être présentées au procureur de la République près le tribunal de première instance de Makokou.
Des dégâts durables pour la forêt et les rivières
L'orpaillage clandestin laisse des traces profondes : déforestation, décapage des sols, destruction des habitats de la faune, détournement des cours d'eau, eaux troubles et chargées de sédiments, pollution. Ces atteintes menacent la biodiversité du parc, mais aussi les communautés riveraines qui dépendent des rivières pour vivre.
Situé au nord-est du pays, près de la frontière camerounaise, Minkébé est l'un des plus vastes parcs nationaux du Gabon et un refuge majeur pour les éléphants de forêt. Son isolement en fait une cible récurrente pour les orpailleurs et les braconniers.
Protéger la forêt, et la rendre rentable
Cette opération intervient alors que le Gabon cherche à mieux valoriser ses forêts debout. Fin septembre, lors de la Climate Week de New York, le Partenariat des leaders pour les forêts et le climat (FCLP) a publié son premier rapport d'étape. Pour le Gabon, qui dispose depuis 2025 d'un « paquet pays » dans ce cadre, l'objectif est de développer des financements fondés sur les résultats de conservation. Le portefeuille actuel de paiements pour services écosystémiques atteint 290 millions de dollars, et l'ambition est de mobiliser 2 milliards de dollars dans le bassin du Congo d'ici 2035, dont au moins la moitié au bénéfice des agriculteurs et des peuples autochtones.
Ces deux actualités se répondent : une forêt n'a de valeur durable que si elle est protégée sur le terrain contre ceux qui l'exploitent illégalement.
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Sources : Gabonreview, 1er octobre 2026, Gabonreview, 25 septembre 2026.

