Libreville, 2 juillet 2026 — Dans un contexte régional marqué par une recrudescence des tensions sécuritaires et des fragilités politiques, le Bureau régional des Nations Unies pour l'Afrique centrale (UNOCA) et la Coalition des Organisations de la Société Civile pour la Paix et la Prévention des Conflits en Afrique centrale (COPAC) ont tenu, le 1er juillet 2026, une rencontre de haut niveau destinée à réactiver et approfondir leur coopération opérationnelle.
Le nouveau Coordonnateur régional de la COPAC, M. Gervais Ondo, a été reçu pendant plus de 45 minutes au siège de l'UNOCA à Libreville par M. Narcisse Dongar, Conseiller politique, et Mme Fatou Keita, Conseillère genre. Cette audience a permis de relancer officiellement un dialogue bilatéral qui s'était essoufflé ces dernières années. Les échanges ont permis de poser les bases d'un partenariat renouvelé, porté par une ambition commune : renforcer les mécanismes de prévention des conflits, d'alerte précoce et de médiation communautaire en Afrique centrale.
Un nouveau partenariat structuré
Les discussions ont abouti à la consolidation de deux axes prioritaires : le renforcement des capacités des acteurs locaux et la remobilisation de la société civile, à travers une approche durable de structuration de leurs organisations.
L'UNOCA a salué la complémentarité entre son expertise stratégique et la connaissance fine des dynamiques locales que porte la COPAC, forte d'un maillage territorial étendu à travers ses coordinations nationales.
Une feuille de route ambitieuse pour 2026-2027
M. Ondo a présenté les grandes lignes de sa feuille de route pour les dix-huit prochains mois. Celle-ci prévoit, d'une part, l'organisation de l'Assemblée générale de la COPAC, qui devra permettre d'adopter une stratégie régionale 2027-2030 et de renouveler les instances dirigeantes selon des critères de compétence, de genre et de représentativité géographique. D'autre part, un vaste plan de renforcement des capacités des coordinations nationales sera déployé, incluant des formations certifiantes, un appui technique et logistique, ainsi qu'une réorganisation des antennes locales.
Un rapport sécuritaire collaboratif en préparation
Parmi les mesures concrètes immédiates, et à la demande de M. Dongar, M. Ondo, le coordonnateur régional de la COPAC, a promis de soumettre à l'examen de l'UNOCA un rapport sécuritaire préliminaire, élaboré avec l'appui du Réseau Ouest-Africain pour l'Edification de la Paix (WANEP). Ce document, qui recense les incidents violents, les conflits fonciers, les tensions électorales et les catastrophes naturelles à répercussion sécuritaire, sera enrichi par les observations des partenaires afin de devenir un outil de référence partagé pour le plaidoyer et la mobilisation des ressources.
Une attention particulière à la dimension genre
Tout au long des échanges, Mme Fatou Keita a plaidé pour une intégration systématique de la dimension genre dans l'ensemble des dispositifs de dialogue et d'analyse des conflits. Pleinement endossée par la COPAC, cette approche vise à reconnaître et à renforcer le rôle des femmes comme actrices essentielles de la médiation communautaire, tout en corrigeant leur sous-représentation au sein des instances officielles.
Des perspectives concrètes pour la stabilité régionale
À l'issue de la rencontre, l'UNOCA a par ailleurs réaffirmé son soutien politique et diplomatique à la COPAC, tout en insistant sur la nécessité de disposer d'indicateurs de suivi clairs et de rapports d'étape périodiques.
Ce partenariat renouvelé intervient à un moment où l'Afrique centrale fait face à des défis sécuritaires croissants — de la République centrafricaine au bassin du lac Tchad, en passant par l'Est camerounais et la République démocratique du Congo. En associant la légitimité institutionnelle des Nations Unies à l'ancrage communautaire de la société civile, cette alliance stratégique entend contribuer durablement à la prévention des crises et à la consolidation d'une paix résiliante dans la sous-région.

