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International

RDC-Rwanda : l'ultimatum américain expire sans retrait des troupes rwandaises

Marie-Claire Ndong
16 juillet 2026
4 min de lecture
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RDC-Rwanda : l'ultimatum américain expire sans retrait des troupes rwandaises

Une échéance arrivée à son terme

Depuis la signature des accords de paix de Washington en juin 2025, la communauté internationale, et particulièrement les États-Unis, observait avec une attention grandissante la situation sécuritaire dans l'est de la République démocratique du Congo. Le 4 juin 2026, devant la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, le secrétaire d'État américain Marco Rubio avait exprimé l'espoir de Washington de voir les Forces de défense rwandaises (RDF) se retirer du sol congolais « d'ici la mi-juillet ».

Cette échéance est désormais dépassée : au 15 juillet 2026, date butoir annoncée, aucun désengagement des RDF n'a été officiellement constaté dans les zones contrôlées par l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Kinshasa et Kigali continuent de s'accuser mutuellement de ne pas respecter leurs engagements respectifs, tandis que les combats se poursuivent — et se sont même intensifiés — dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Sur le terrain, l'AFC/M23 poursuit son avancée

Loin de marquer une désescalade, l'expiration de l'ultimatum coïncide avec une progression de l'AFC/M23 dans le Sud-Kivu, où le mouvement revendique la prise de plusieurs localités au cours des derniers jours. Cette dynamique militaire complique un peu plus la mise en œuvre des engagements pris à Washington et alimente les craintes d'une nouvelle escalade dans une région déjà marquée par une grave crise humanitaire, avec des centaines de milliers de personnes déplacées.

Kigali maintient sa position et dénonce un déséquilibre

Face à cet ultimatum, le gouvernement rwandais, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Olivier Nduhungirehe, a opposé une fin de non-recevoir, dénonçant une approche qu'il juge « partiale » et « unilatérale » de la part des États-Unis.

Pour Kigali, le retrait de ses troupes reste conditionné à des avancées concrètes de la RDC dans la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe armé actif dans l'est congolais. Le Rwanda estime que Washington met l'accent sur ses propres obligations tout en ignorant les manquements de la RDC, créant selon lui un déséquilibre dans l'application de l'accord. Cette position, perçue comme un « mépris » par certains responsables congolais, place désormais Washington devant un dilemme stratégique : durcir ses sanctions, ou laisser son ultimatum rester sans suite.

Des sanctions déjà en place et des appels à la fermeté

Pour tenter de faire pression, Washington a déjà mis en œuvre une série de sanctions visant directement le Rwanda, notamment contre la Rwanda Defence Force et des sociétés impliquées dans le commerce de minerais, comme la raffinerie Gasabo Gold. Paul Kagame lui-même a reconnu que ces mesures économiques « faisaient mal » à l'économie de son pays.

En RDC, le non-respect de l'échéance suscite une vive indignation. Des personnalités politiques, comme le député Joseph Nkoy ou le président du Forum National de la Jeunesse, Patrick Katengo, appellent les États-Unis à « tirer toutes les conséquences » de ce dépassement de délai. Ils réclament des sanctions plus contraignantes contre les autorités rwandaises, estimant que Kigali ne répond « qu'au langage de la force ». Le ministre congolais des Droits humains, Samuel Mbemba, qualifie quant à lui la situation de l'un des plus grands défis en matière de droits humains auquel son pays soit aujourd'hui confronté.

Conclusion : la crédibilité de la diplomatie américaine à l'épreuve

L'expiration de l'ultimatum du 15 juillet marque un tournant dans la crise entre la RDC et le Rwanda. Le fait que Kigali n'ait pas déféré à cette échéance interroge désormais directement la crédibilité de la stratégie diplomatique de Washington dans la région des Grands Lacs. Les observateurs attendent à présent de connaître la réponse américaine : un durcissement des sanctions, seule option susceptible de crédibiliser l'accord de paix, ou une forme d'accommodement qui reviendrait à acter l'échec, au moins temporaire, de la tentative de mettre fin à un conflit qui continue de déstabiliser toute une région.

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