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International

L'Afrique retrouve sa vraie taille sur la carte du monde

Jean-Marie Obiang
21 septembre 2026
3 min de lecture
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L'Afrique retrouve sa vraie taille sur la carte du monde

L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté, le 4 septembre 2026, une résolution portée par le Togo au nom des pays africains pour promouvoir des cartes du monde plus fidèles à la taille réelle des continents.

Une carte ne change pas la géographie, mais elle change le regard qu'on porte sur le monde. C'est en substance le message porté par le Togo devant l'Assemblée générale des Nations Unies, où une résolution a été adoptée le 4 septembre 2026 par 164 voix contre une, en faveur de représentations cartographiques plus fidèles à la taille réelle des continents. L'Afrique ne va pas s'agrandir, mais sur les cartes, elle pourrait enfin retrouver ses proportions, à travers une résolution portée par les pays africains pour promouvoir des cartes rendant plus fidèlement compte de la taille relative des continents.

Seuls les États-Unis ont voté contre, dénonçant un projet idéologique, tandis que six pays d'Europe de l'Est se sont abstenus, dont l'Estonie, la Géorgie, la Lituanie, la Moldavie, la Serbie et l'Ukraine.

Le problème Mercator

Tout part d'une carte vieille de plus de 450 ans. Conçue en 1569 par le cartographe flamand Gerardus Mercator pour faciliter la navigation maritime, la projection qui porte son nom déforme considérablement les superficies à mesure qu'on s'éloigne de l'équateur. Résultat : sur les cartes affichées dans la plupart des écoles et outils numériques du monde, le Groenland semble presque aussi grand que l'Afrique alors que le continent africain est environ 14 fois plus vaste.

La résolution ne bannit pas Mercator pour autant, ni n'impose une carte unique. Elle encourage plutôt les gouvernements, écoles, organisations internationales et entreprises technologiques à recourir, lorsque les superficies comptent, à la projection Equal Earth ou à d'autres cartes équivalentes qui respectent les tailles relatives.

Une question de « justice cognitive »

Pour le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, qui a porté le texte au nom du groupe africain, l'enjeu dépasse la technique cartographique : selon lui, les cartes orientent l'éducation et influencent durablement la façon dont on perçoit le monde.

Washington a vu les choses très différemment. Le représentant américain a qualifié l'initiative de projet idéologique radical, critiquant en particulier les références à la réparation mémorielle inscrites dans le texte.

La France, elle, a pris le contre-pied : quelques heures avant le vote, son ministre des Affaires étrangères a annoncé que Paris abandonnerait la projection de Mercator pour ses propres cartes du monde, rejoignant la démarche portée par l'Union africaine.

Le paradoxe des cartes « justes »

Fait à noter : les projections équivalentes comme Equal Earth n'agrandissent pas réellement l'Afrique : elles suppriment simplement l'agrandissement artificiel dont bénéficiaient jusqu'ici l'Europe, l'Amérique du Nord et la Russie sur Mercator. Une nuance qui n'a pas empêché ce vote de devenir, en une journée, l'un des symboles les plus commentés de la rentrée diplomatique à l'ONU.

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