Libreville, 14 juillet 2026, Le ministre de l'Économie numérique, de la Digitalisation et de l'Innovation, Mark-Alexandre Doumba, a tenu une séance de travail avec une délégation de TikTok pour la région Moyen-Orient, Eurasie et Afrique, en marge du Sommet AI for Good / WSIS, organisé du 7 au 11 juillet 2026 à Genève. La délégation était conduite par Emir Gelen, directeur régional des Relations gouvernementales, accompagné de Maria Cohn, directrice adjointe régionale des Relations gouvernementales. Cette rencontre a été l'occasion pour le gouvernement d'accorder un délai d'une année à TikTok pour se conformer aux nouvelles exigences numériques en vigueur au Gabon.
Un délai d'un an pour se conformer à la réglementation en vigueur
Cette rencontre a permis de faire le point sur les échanges engagés entre les autorités gabonaises et la plateforme, notamment à la suite de la suspension des plateformes numériques intervenue en février 2026. Décidée le 17 février par la Haute autorité de la communication (HAC) au nom de la cohésion sociale et de la stabilité des institutions, cette mesure avait temporairement privé d'accès à TikTok, ainsi qu'à Facebook, Instagram, WhatsApp et YouTube, environ 2,5 millions d'utilisateurs gabonais, et aurait entraîné des pertes estimées à près de 50 millions de FCFA par jour pour les opérateurs télécoms. Il s'agissait, lors de cette rencontre de Genève, d'examiner les conditions d'une coopération conforme au cadre juridique national.
Les deux parties ont convenu de poursuivre leur collaboration durant une période de douze mois, en vue de la mise en conformité de la plateforme avec les nouvelles dispositions légales issues de la ratification de l'ordonnance portant réglementation des réseaux sociaux en République gabonaise.
La préoccupation de la santé mentale des jeunes n'est pas passée inaperçue lors de cette rencontre. Le ministre de l'Économie numérique a rappelé l'importance accordée par le gouvernement à la protection de la santé mentale des jeunes face aux risques liés aux réseaux sociaux, notamment la désinformation, le cyberharcèlement et les discours de haine.
Des actions fortes menées entre janvier et mars 2026
Au cours de son échange avec le ministre gabonais de l'Économie numérique, TikTok a fait un bilan des actions entreprises au premier trimestre 2026 afin de modérer les activités sur sa plateforme. Parmi celles-ci figurent la suppression de 23 504 contenus sensibles, 13 930 contenus portant atteinte à la sécurité et au bien-être des mineurs, ainsi que 10 784 contenus relatifs à des biens et services réglementés.
Le système d'alerte des contenus illicites a également été renforcé. Pour preuve, au cours de cette période, 99,8 % des contenus en infraction ont été retirés avant tout signalement par les utilisateurs, dont 92,9 % avant même leur consultation, tandis que 97,2 % ont été supprimés dans un délai inférieur à 48 heures. TikTok est allé plus loin en supprimant définitivement 4 352 comptes. Ces engagements font suite à la visite d'une délégation de la plateforme à Libreville, fin février 2026, au cours de laquelle TikTok avait proposé un système de signalement prioritaire des contenus sensibles ainsi que l'intégration de son outil « TikTok Safety Enforcement Tool » (TSET).
Une nécessité de réguler l'espace numérique
À travers cette démarche, le gouvernement réaffirme sa volonté de réguler l'espace numérique dans le respect des droits des utilisateurs et de la souveraineté nationale, conformément à la vision du président de la République, chef de l'État et chef du gouvernement, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema, en faveur d'un numérique responsable et sécurisé au bénéfice des Gabonaises et des Gabonais.

