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Gabon : quelles sont les priorités économiques qui attendent le gouvernement ?

Face à une économie encore dépendante du pétrole et à un chômage des jeunes qui touche plus d'un actif sur trois, le gouvernement gabonais a défini, à travers le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030, quatre priorités : diversifier l'économie, insérer massivement les jeunes dans l'emploi, attirer les investissements et moderniser le cadre des affaires.

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Gabon : quelles sont les priorités économiques qui attendent le gouvernement ?

Un tournant stratégique pour le « nouveau Gabon »

À l'aube de l'année 2026, le Gabon fait face à un impératif majeur : transformer une économie historiquement dépendante du pétrole en un modèle diversifié, résilient et créateur d'emplois pour sa jeunesse. Sous l'impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, le gouvernement a engagé des réformes ambitieuses et défini une feuille de route claire à travers le Plan National de Croissance et de Développement (PNCD) 2026-2030. Alors que le chômage des jeunes atteint des niveaux critiques, les priorités économiques se concentrent autour de quatre axes majeurs : la diversification de l'économie, l'emploi des jeunes, l'attractivité des investissements et la mise en œuvre de réformes structurelles.

Diversification économique : sortir de la dépendance pétrolière

Le constat est sans appel. Le Rapport national sur le développement humain (RNDH) 2026, élaboré par le ministère de la Planification et de la Prospective en partenariat avec le PNUD, souligne que le revenu national brut par habitant a reculé de 31 % entre 1990 et 2022, une conséquence directe de la forte dépendance du pays à l'économie pétrolière. Face à cette vulnérabilité, le gouvernement a fait de la diversification une priorité stratégique absolue.

Le PNCD 2026-2030 identifie plusieurs secteurs à fort potentiel pour porter cette transformation : les énergies, les mines, le numérique, l'intelligence artificielle, les transports et l'économie verte. Dans le secteur minier, l'ambition est claire. Le ministre des Mines, Sosthène Nguema Nguema, affirme que « le Gabon n'est plus seulement une destination pour l'extraction ; nous devenons un pôle de création de valeur industrielle ». L'objectif est de faire passer la contribution du secteur minier au PIB de 6 % actuellement à 25 % d'ici 2030, en misant sur la transformation locale du manganèse, l'exploitation du gisement de fer de Belinga qui prévoit la construction d'une ligne ferroviaire d'environ 450 km, d'un port en eau profonde et de barrages hydroélectriques dédiés et le raffinage de l'or sur place via la Raffinerie Gabonaise d'Or (RGO).

Le tourisme durable et l'artisanat sont également identifiés comme des moteurs de croissance. Une stratégie nationale a été lancée en juin 2026, articulée autour de trois axes : moderniser le secteur touristique, professionnaliser les artisans, et réhabiliter les infrastructures. Le gouvernement entend ainsi faire du patrimoine naturel et culturel du Gabon un véritable levier de développement économique.

Emploi des jeunes : une urgence sociale et économique

Avec un taux de chômage des jeunes estimé à 34,5 % contre un taux national officiel de 17,4 % dans un pays où l'urbanisation atteint 91 %, l'insertion professionnelle de la jeunesse constitue le défi numéro un. Le RNDH 2026 met en garde contre l'inadéquation chronique entre les formations, jugées trop généralistes, et les besoins du marché qui réclament des compétences techniques et professionnelles.

Le gouvernement a fait de la formation professionnelle un pilier de son action. Le budget 2026 alloue 2,83 milliards de FCFA à la mission « Formation pour l'Emploi », soit une augmentation de 207 % par rapport à 2025, pour former et insérer les jeunes déscolarisés ou sans emploi. Par ailleurs, le programme Yam'NA, porté par Eramet Comilog et la SETRAG, offre 50 nouvelles bourses pour former les jeunes aux métiers industriels et verts, dans des filières comme la métallurgie, la chimie ou l'agroforesterie.

Des initiatives concrètes d'insertion se multiplient. Le programme « Un taxi, un emploi, un avenir » a permis à 21 jeunes de devenir propriétaires de leur véhicule après quatre ans de location-achat, tandis que des partenariats avec des plateformes VTC comme Intrav ou Boonia offrent à des dizaines de jeunes une activité rémunératrice. Dans le secteur agricole, la société Olam Palm Gabon a lancé le recrutement de 1 500 jeunes récolteurs dans le cadre d'un programme alliant emploi et découverte de l'entrepreneuriat agricole.

Investissements : attirer les capitaux pour financer la transformation

Pour financer cette diversification et créer des emplois, le Gabon doit attirer massivement les investissements. Lors de l'Africa CEO Forum 2026, qui s'est tenu à Kigali les 14 et 15 mai, le président Oligui Nguema a présenté les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires et a mis en avant les secteurs prioritaires ouverts aux investisseurs : énergie, infrastructures, logement social, agriculture, et grands projets structurants comme le gisement de Belinga.

La volonté d'attirer les capitaux privés est également au cœur du Gabon Economic Forum 2026, qui a abouti à 40 recommandations visant à renforcer la compétitivité des entreprises et accélérer la diversification. Parmi les propositions figurent le développement des partenariats public-privé (PPP) pour les infrastructures, l'orientation des investissements privés vers les secteurs à forte productivité, et la restauration d'un « contrat de confiance » entre l'État et les entreprises, avec notamment le respect des délais de paiement.

Réformes : moderniser l'État et le cadre des affaires

L'amélioration du climat des affaires est un prérequis indispensable à la réussite de ces priorités. Le gouvernement a engagé des réformes majeures : révision des codes minier, forestier et pétrolier, modernisation du cadre fiscal et douanier, et digitalisation de l'administration permettant désormais la création d'entreprises en ligne en moins de 48 heures.

Le RNDH 2026 préconise des réformes ciblées pour soutenir l'entrepreneuriat des jeunes, comme l'octroi de franchises fiscales de 12 à 24 mois pour les jeunes entreprises, la mise en place de fonds de garantie pour faciliter l'accès au crédit, et la réservation de 25 % des marchés publics aux jeunes entrepreneurs. L'objectif est de considérer la jeunesse non plus comme un simple bénéficiaire, mais comme un acteur central du développement économique.

Conclusion : une fenêtre d'opportunité pour le Gabon

Les priorités économiques du gouvernement gabonais pour 2026 dessinent les contours d'une ambitieuse transformation. La diversification hors du pétrole, la création massive d'emplois pour les jeunes, l'attraction d'investissements privés et la modernisation du cadre institutionnel sont les quatre piliers d'une stratégie qui vise à bâtir une économie plus résiliente et plus inclusive. Les plans et les réformes sont désormais en place. Le défi, comme l'a souligné le Gabon Economic Forum, est désormais de passer des diagnostics à l'action constante, pour que cette feuille de route se traduise en prospérité partagée pour l'ensemble des Gabonaises et des Gabonais.

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