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Politique & Société

Démocratie participative, la société civile face au défi de sa refondation

Jean Félix NZENGUE BOULENDE
27 juillet 2026
4 min de lecture
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Démocratie participative, la société civile face au défi de sa refondation

Au regard aux interrogations qui entourent l'avenir de la société civile gabonaise, l'organisation Tournons La Page (TLP) a réuni, samedi 25 juillet 2026, responsables associatifs, représentants d'institutions et citoyens à l'hôtel Ngonemono autour du thème « Rôle et place des organisations de la société civile dans la démocratie participative ». Soutenue par l'Union européenne, cette rencontre avait pour objectif d'engager une réflexion sur les moyens de redonner à la société civile toute sa place dans la vie démocratique du pays, alors que plusieurs observateurs estiment qu'elle traverse aujourd'hui une crise d'identité.

Préserver l'héritage de la démocratie participative

Longtemps considérée comme un contrepoids citoyen et un moteur des revendications démocratiques, la société civile gabonaise peine désormais à mobiliser comme par le passé.

L'implication de plusieurs de ses figures dans les sphères politiques, conjuguée aux mutations institutionnelles intervenues avec la Cinquième République, nourrit un débat sur son indépendance et sa capacité à représenter durablement les préoccupations des populations.

Pour Geoffroy Foumboula Libeka, deuxième vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), la réflexion sur l'avenir de la société civile ne peut être dissociée de son histoire récente. En revenant sur la période de la Transition, il a rappelé que la reconnaissance de la démocratie participative dans l'article 7 de la Constitution n'est pas le fruit du hasard, mais celui d'un combat mené par les acteurs civiques.

Selon lui, cette avancée institutionnelle constitue désormais une responsabilité collective qui impose aux organisations citoyennes de poursuivre leur mission de veille et de participation à la gouvernance.

L'orateur a surtout insisté sur la notion d'engagement, qu'il considère comme la véritable richesse de la société civile. « Sans volonté, même avec tous les financements du monde, il sera difficile de rendre effective la démocratie participative », a-t-il déclaré, rappelant que les premiers combats citoyens avaient été menés sans ressources particulières mais avec une forte conviction.

Sortir la société civile du seul champ politique

Si la société civile s'est fortement investie dans les questions politiques au cours des dernières années, cette situation répondait davantage au contexte qu'à sa vocation première. C'est l'analyse développée par Jean-François Ndong Ebe, secrétaire exécutif du ROLBG.

Pour lui, la société civile doit désormais retrouver toute sa diversité. Les questions

environnementales, culturelles, économiques, sociales ou encore communautaires doivent redevenir des espaces d'action privilégiés, afin qu'elle participe pleinement au développement national.Cette évolution apparaît d'autant plus nécessaire que plusieurs acteurs historiques arrivent progressivement au terme de leur engagement. Une nouvelle génération est ainsi appelée à reprendre le flambeau, avec des responsabilités mieux définies et une vision davantage tournée

vers les enjeux du développement.

Faire renaître la culture de l'engagement citoyen

Au-delà de la restructuration des organisations, les échanges ont mis en lumière un défi plus profond : celui de la mobilisation des citoyens.

Pour Paul Manguinga, chargé de communication de Tournons La Page, la démocratie participative ne peut fonctionner sans une implication individuelle des Gabonais. L'engagement citoyen, estime-t-il, ne commence pas au sein d'une organisation, mais dans la volonté de chaque personne de contribuer à la vie publique.

À travers cette série d'ateliers, l'organisation entend offrir des espaces d'expression où les citoyens peuvent faire entendre leurs préoccupations et participer à la recherche de solutions aux difficultés auxquelles le pays est confronté. Cette démarche vise également à renforcer le dialogue entre les populations et les différents acteurs de la gouvernance.

Une société civile appelée à se réinventer

Au terme des échanges, un constat s'est imposé : la société civile gabonaise est invitée à ouvrir une nouvelle page de son histoire. Si son rôle dans les grandes avancées démocratiques reste largement reconnu, les mutations politiques et institutionnelles exigent aujourd'hui une adaptation de ses méthodes, de ses priorités et de son organisation.

Entre devoir de mémoire et nécessité de renouvellement, les participants ont convenu que la démocratie participative ne pourra pleinement produire ses effets qu'à travers une société civile forte, indépendante et capable de mobiliser les citoyens autour de l'intérêt général. Pour Tournons La Page, cette réflexion marque le début d'un processus destiné à redonner au mouvement citoyen toute son influence dans la construction du Gabon de demain.

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