Libreville, 14 juillet 2026, Alors que les épreuves du baccalauréat 2026 battent leur plein sur l'ensemble du territoire gabonais, cette session se distingue par une double innovation : l'ouverture de six nouveaux centres d'examen pour rapprocher l'épreuve des candidats, et un contexte budgétaire inédit qui redessine les contours de l'éducation nationale.
Un baccalauréat plus accessible
Conformément à un arrêté du 20 avril 2026, la direction générale des examens et concours a créé six nouveaux centres d'examen, portant le total à environ 57 centres contre 51 en 2025. L'objectif affiché : rapprocher les candidats de leurs lieux de composition et réduire les inégalités territoriales qui contraignaient trop souvent les élèves de l'intérieur à parcourir de longues distances.
Les nouveaux centres sont répartis sur l'ensemble du territoire :
● Dans l'Estuaire : le Complexe Alénakiri d'Owendo et le Lycée militaire d'excellence d'Akanda (qui remplace le centre de Quaben, fermé pour travaux)
● Dans la Ngounié : les lycées Léon Mboumba de Fougamou et Théodore Kwaou de Mandji
● Dans l'Ogooué-Ivindo : le lycée Daniel Hubert Nna Ekam Ekam d'Ovan
● Dans l'Ogooué-Lolo : le lycée Célestin Moukodoum Itah de Pana
● Dans le Woleu-Ntem : le lycée Moïse Nkoghe Mve de Mitzic
Ces centres sont organisés selon deux modalités : certains, comme Alénakiri, Akanda et Pana, sont des centres « autonomes » qui gèrent l'intégralité du processus (composition, correction, saisie des notes, délibérations). D'autres sont réservés à la composition, les corrections étant délocalisées vers d'autres établissements.
Selon Franck Doukaga, directeur général des examens et concours, cette mesure répond à une forte demande des familles et vise à réduire le stress lié aux déplacements, qui constituait un véritable facteur d'échec pour les candidats de l'intérieur.
Près de 31 500 candidats sur les bancs
Cette session 2026 rassemble 31 492 candidats toutes filières confondues. Pour le seul baccalauréat général, on compte 28 392 inscrits (11 433 garçons et 16 959 filles), contre 28 500 l'an dernier. Le baccalauréat technologique enregistre quant à lui plus de 3 000 candidats.
La province de l'Estuaire concentre à elle seule près de 60 % des effectifs avec 16 898 candidats, reflet des disparités démographiques et de la carte scolaire nationale. Le Woleu-Ntem (2 952), le Haut-Ogooué (2 046) et la Ngounié (1 565) complètent le tableau, tandis que la Nyanga, avec 547 candidats, ferme la marche.
Un calendrier révisé et des épreuves en cours
Suite aux réajustements opérés par le ministère en février 2026 pour compenser les perturbations de l'année scolaire liées aux mouvements de grève des enseignants, le calendrier des examens a été décalé. Les épreuves écrites du baccalauréat général se déroulent du mardi 14 au samedi 18 juillet 2026, la série B ouvrant les compositions par l'épreuve d'économie. Cette session fait suite au lancement des épreuves du bac technologique et professionnel, entamées le week-end précédent.
Les résultats du premier tour du baccalauréat général sont attendus le samedi 25 juillet 2026, tandis que les épreuves orales du second groupe (rattrapage) se termineront le samedi 1er août 2026, date à laquelle s'achèvera définitivement la session pour l'ensemble des candidats.
Une ambition éducative soutenue par un budget record
Cette organisation s'inscrit dans un contexte budgétaire inédit pour l'Éducation nationale. Présenté par la ministre d'État Camélia Ntoutoume-Leclercq devant les députés dès octobre 2025 dans le cadre du projet de loi de finances initiale, le budget de la Mission 11 « Éducation nationale » a été fixé à 272,15 milliards de FCFA pour 2026, soit une hausse de 130,66 milliards par rapport à 2025, portée par un plan d'investissement de 150,7 milliards FCFA dédié aux infrastructures scolaires et à la modernisation du système éducatif. Malgré la loi de finances rectificative adoptée en mai 2026, qui a globalement réduit le budget de l'État de près de 863 milliards de FCFA face à la baisse des recettes pétrolières, les autorités ont indiqué que les chantiers prioritaires de l'éducation resteraient sanctuarisés.
Parmi les mesures phares : la construction de 1 185 salles de classe créant 59 250 nouvelles places, le renforcement de la formation des enseignants via l'Institut de formation aux métiers de l'éducation (IFME), et le recrutement de nouveaux enseignants.
La Mission 65 « Formation pour l'emploi » connaît une augmentation de 207 % par rapport à 2025, avec 2,83 milliards FCFA destinés à former et insérer les jeunes déscolarisés, notamment via la réhabilitation du Complexe Basile Ondimba et la modernisation de 15 centres de formation. Enfin, la Mission « Éducation populaire et Formation civique » voit son budget passer de 104 millions à 4,03 milliards FCFA, avec notamment la création de Cellules d'éthique et d'éducation civique dans l'ensemble des départements du pays.
Pour les candidats et leurs familles, cette session 2026 restera comme celle d'une organisation repensée pour plus d'équité territoriale, dans un contexte où le gouvernement affiche sa volonté de transformer en profondeur le système éducatif gabonais.

